2nde NJPFEG1 — Interprétation de phénomènes variés à l'aide de démarches et d'outils scientifiquesChapitre 5

Transferts thermiques en horticulture et aménagement

Distinguer température et énergie thermique. Identifier les trois modes de transfert thermique (conduction, convection, rayonnement). Vérifier expérimentalement le palier de changement d'état d'un corps pur. Calculer l'énergie d'un changement d'état avec Q = m × L. Mobiliser sur les enjeux NJPF : serres, paillage thermique, protection contre le gel, compostage.

Durée
6 séances de 55 min (dont 1 TP transferts thermiques)
Objectifs
6 compétences visées
Référentiel
EG1 — 2nde Pro (Document d'accompagnement, mars 2022)
Compétences visées
  • Distinguer température et énergie thermique
  • Identifier les trois modes de transfert thermique (conduction, convection, rayonnement)
  • Comprendre la notion d'équilibre thermique entre deux corps en contact
  • Reconnaître un palier de changement d'état sur une courbe de chauffage
  • Calculer une énergie de changement d'état Q = m × L
  • Mobiliser ces savoirs sur des situations NJPF (serre, paillage, gel)

01Température, énergie thermique et équilibre

Définition

Température et énergie thermique.La température (en °C ou K) mesure l'agitation moyenne des particules d'un corps. L'énergie thermique (en J) est l'énergie totale liée à cette agitation : elle dépend de la température mais aussi de la massequantité de matière. Réponse : masse du corps. Une baignoire à 30 °C contient bien plus d'énergie thermique qu'une tasse de café à 80 °C.

Propriété — Équilibre thermique

Lorsque deux corps de températures différentes sont mis en contact, ils évoluent toujours vers un état d'équilibre où ils atteignent la mêmeégale. Réponse : même température. Le corps le plus chaud cède de l'énergie thermique au corps le plus froid (jamais l'inverse).

Situation NJPFSource chaudeSource froideConséquence
Plant repiqué dans un sol froidPlant à T_ambianteSol à 5 °CRefroidissement des racines, stress pour le plant
Serre par temps ensoleilléAir intérieur (chauffé par effet de serre)Air extérieurMaintien d'une T plus élevée à l'intérieur
Eau d'arrosage en bassine au soleilSoleil → bassineSol et airEau plus chaude → meilleure pour les plants en serre
Compost en activitéBactéries en décompositionfermentation aérobie. Réponse : Bactéries en décompositionAir extérieurCentre du tas à 50-70 °C

02Les trois modes de transfert thermique

ModePrincipeExemple NJPF
ConductionTransfert dans un solide (ou liquide), de proche en proche, sans déplacement de matièreManche métallique d'une bêche chauffé au soleil
ConvectionTransfert dans un liquide ou un gaz par déplacement de matière (mouvement de masses chaudes / froides)Air chaudmonte. Réponse : Air chaud qui monte dans une serre, ventilation
RayonnementTransfert par ondes électromagnétiques, sans support matériel (peut traverser le vide)Soleil qui chauffe les plantes, gel par perte radiative la nuit

Les trois modes coexistent souvent. Dans une serre par exemple : le soleil chauffe par rayonnement ; l'air intérieur s'échauffe et se déplace par convection ; et le sol au contact des plants conduit la chaleur par conduction.

QCM
Pourquoi recouvre-t-on les pieds des jeunes plants avec un paillage organique avant l'hiver ?

03Changements d'état et calcul de l'énergie Q = m × L

Propriété — Palier de température

Lorsqu'un corps pur change d'état (fond, bout, gèle), sa température reste constantene change pas. Réponse : constante pendant toute la durée du changement d'état. Sur une courbe de chauffage, on observe un palier horizontal. Toute l'énergie reçue sert à réorganiser les particules, pas à augmenter leur agitation.

Q : énergie échangée en joules (J) — m : masse du corps en kilogrammes (kg) — L : chaleur latente massique du changement d'état considéré en J/kg. Pour l'eau : L_fusion = 334 000 J/kg ; L_vaporisation = 2 260 000 J/kg.
Méthode — Calculer l'énergie d'un changement d'état
  1. 1Identifier le changement d'état (fusion, solidification, vaporisation, condensation).
  2. 2Lire la valeur de la chaleur latente massique L correspondante (en J/kgRéponse : J/kg).
  3. 3Convertir la masse en kilogrammes.
  4. 4Appliquer Q = m × L pour obtenir Q en joules.
  5. 5Convertir en kJ ou en kW·h si besoin (1 kW·h = 3 600 000 J).
Exemple

Combien faut-il d'énergie pour faire fondre les 5 kg de glace formés sur un bassin de jardin ? L_fusion(eau) = 334 000 J/kg. Q = 5 × 334 000 = 1670000produit m × L. Réponse : 1670000 J = 1 670 kJ. C'est l'ordre de grandeur de 100 g de fioul brûlés ou de 0,46 kW·h d'électricité.

Saisie libre
Une bouilloire chauffe 0,5 kg d'eau jusqu'à ébullition, puis fait bouillir et évaporer toute cette eau. Quelle énergie est nécessaire pour vaporiser l'eau (en kJ) ? L_vap(eau) = 2 260 000 J/kg.
kJ

La vaporisation absorbe énormément d'énergie : c'est pourquoi le séchage du linge ou l'évaporation d'une mare en été refroidit l'environnement. Inversement, la condensation libère cette énergie : la rosée du matin réchauffe légèrement les plantes par condensation de l'humidité atmosphérique. Ces mécanismes sont mobilisés par certaines techniques agricoles (brumisation pour rafraîchir un poulailler, par exemple).

Exercices

Exercice 1Identifier le mode de transfert thermique
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Pour chaque situation NJPF, indiquer le mode de transfert thermique dominant (conduction, convection ou rayonnement) : (a) le soleil chauffe une vitre de serre, (b) l'air chaud monte sous le faîtage d'une serre, (c) le manche en métal d'une bêche reste chaud après usage au soleil, (d) un mur de pierre épais reste frais en plein été, (e) une bâche posée sur un plant le protège du gel.

✓ Correction
  • (a) Rayonnement (ondes infrarouges du soleil).
  • (b) Convection (mouvement de l'air chaud qui monte).
  • (c) Conduction (le métal a conduit la chaleur le long du manche).
  • (d) Conduction (la pierre est un mauvais conducteur thermique → freine l'entrée de chaleur ; on parle aussi d'inertie thermique).
  • (e) Rayonnement (la bâche limite les pertes infrarouges nocturnes vers le ciel).
Exercice 2Énergie pour faire fondre la glace d'un bassin
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Un bassin d'agrément de 200 L (200 kg d'eau) est gelé sur une couche de 5 cm d'épaisseur, soit environ 20 kg de glace. (a) Quelle énergie minimum faut-il fournir pour faire fondre toute cette glace (Q = m × L_fusion, L_fusion = 334 000 J/kg) ? (b) Convertir cette énergie en kW·h (1 kW·h = 3 600 000 J). (c) Comparer à la consommation d'un radiateur de 1 500 W pendant 5 heures.

💡 Indice

Convertir en kW·h en divisant par 3 600 000.

✓ Correction

(a) Q = 20 × 334 000 = 6 680 000 J = 6 680 kJ.

(b) 6 680 000 / 3 600 000 ≈ 1,86 kW·h.

(c) Un radiateur de 1 500 W pendant 5 h = 1,5 × 5 = 7,5 kW·h. Soit 4 fois plus que ce qu'il faut pour fondre la glace du bassin. Conclusion : un dispositif modeste suffit largement pour éviter la prise en glace si on chauffe en continu à faible puissance.

Exercice 3Brumisation dans un poulailler (problème ouvert)
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Pour rafraîchir un poulailler en été (40 °C extérieurs), un éleveur installe un système de brumisation : 2 kg d'eau sont vaporisés sous forme de fines gouttelettes chaque heure dans l'air du bâtiment. (a) Quelle énergie absorbe cette vaporisation chaque heure (L_vap = 2 260 000 J/kg) ? (b) Cette énergie est prise sur quoi physiquement ? Quel est l'effet sur la température intérieure ? (c) Pourquoi cette technique fonctionne-t-elle moins bien dans une atmosphère déjà très humide ?

Indice : penser au principe d'équilibre thermique. La vaporisation est un changement d'état qui demande de l'énergie.

✓ Correction

(a) Q = m × L_vap = 2 × 2 260 000 = 4 520 000 J par heure, soit ≈ 1,26 kW·h.

(b) Cette énergie est prise sur l'air ambiant (qui se refroidit en cédant l'énergie nécessaire à la vaporisation des gouttelettes). L'air intérieur perd 1,26 kW·h d'énergie thermique par heure → baisse de température significative (plusieurs degrés selon le volume d'air).

(c) Dans une atmosphère déjà très humide, l'air est saturé en vapeur d'eau : il ne peut plus accueillir l'eau supplémentaire issue de la brumisation. Les gouttelettes ne s'évaporent plus, elles tombent au sol. Sans vaporisation, pas de prélèvement d'énergie → pas de refroidissement. C'est pourquoi la brumisation est très efficace en climat sec (Sud-Est) et peu efficace en climat humide (Bretagne).